
Quand les Marquoirs Servaient de CV : l’Histoire Méconnue de la Broderie au XIXe Siècle
"Au XIXᵉ siècle, un marquoir brodé était bien plus qu’un objet décoratif. Il faisait office de CV, révélant le savoir-faire, la patience, la maîtrise et le caractère d’une jeune fille. Chaque point pouvait façonner son avenir." – Anonyme
Quand les Marquoirs Servaient de CV : l’Histoire Méconnue de la Broderie au XIXe Siècle
Si vous brodez des marquoirs pour le plaisir, imaginez un instant qu’au XIXe siècle, ce petit morceau de toile jouait un rôle beaucoup plus sérieux. Le marquoir était souvent le tout premier CV d’une jeune fille, une sorte de “carte de visite” brodée pour prouver ses compétences et son sens du travail soigné.
Une Éducation par l’Aiguille
Au XIXe siècle, la broderie et la couture faisaient partie de l’apprentissage essentiel des jeunes filles. Elles apprenaient dès l’enfance à coudre, repriser et broder — non pas comme un loisir, mais comme une préparation pratique à l’âge adulte.
Le marquoir montrait qu’une fille savait suivre des consignes, travailler proprement et maîtriser les points indispensables à la vie quotidienne.
Chaque croix régulière, chaque frise bien droite, chaque alphabet révélait sa fiabilité.
Un CV Brodé
Pour de nombreuses jeunes filles issues de milieux modestes, la broderie n’était pas seulement un passe-temps : c’était une opportunité professionnelle. Lorsqu’elles se présentaient pour un poste de domestique, de gouvernante ou de couturière, elles montraient leur marquoir à la famille qui les recevait.
Un marquoir soigné témoignait de :
précision
patience et constance
attention aux détails
qualité d’exécution
lecture et écriture, grâce aux alphabets et versets
En l’absence de CV formel, c’était cette toile qui parlait pour elle.

Un Témoignage Précieux
Ces marquoirs racontent aussi la vie de celles qui les ont brodés. Beaucoup incluent noms, dates et lieux, offrant une fenêtre rare sur des vies de femmes et de jeunes filles souvent absentes des archives officielles.
De CV à Objet de Collection
Aujourd’hui, ces marquoirs anciens sont recherchés par les collectionneurs et les musées. Ce qui servait autrefois à décrocher un emploi devient une trace émouvante de l’histoire de la broderie, de l’éducation et du quotidien féminin.
La prochaine fois que vous broderez un marquoir, imaginez qu’il soit destiné à convaincre votre futur employeur…
Cela donne une autre dimension à chaque point, n’est-ce pas ?
Bonne Broderie !

